Des débuts relativement calmes

Au matin du mercredi 14 juillet, jour de fête nationale française, la crue de la Vesdre avait débuté de manière tout à fait normale ou traditionnelle pour les riverains. Un invitation gênante certes mais rien de bien dramatique.

Ce jour là, je me suis levé à 5 h 45 en prévision de mon départ au travail. Les yeux mi-clos, la tête toujours embrumée, je jette un œil par la fenêtre et j'aperçois ce que je crois être une mare autour des arbres de mon jardin : trois hêtres fiers plus que centenaires. Je distingue, sans trop m'en préoccuper un reflet qui prouve la présence d'eau aux pieds des arbres : "Zut, fis-je, il a bien trop plu cette nuit." Mais l'info visuelle ne fait pas tilt et je me dirige vers la salle de bain. Là, pourtant, un coup d'oeil rapide par la fenêtre me fait comprendre que les choses sont peut être plus grave que ce ma première info le laisse supposer. En effet, l'eau a fait le tour de ma maison et se répand devant le garage et la porte d'entrée. Ma masure fait partie d'un groupe de trois maisons et je n'ai pas de voisins à droite. C'est par là que l'eau s'était répandue. 

Je réveille mon fils avant de descendre les escaliers deux par deux. J'ouvre la porte d'entrée à l'avant et je vois que l'eau effleure le seuil. Je me dirige vers l'arrière et je vois par la fenêtre que l'eau est à cinq bons centimètres de la pierre bleue. Dans le garage, qui est cinq centimètres plus bas que le niveau de la cuisine, il n'y a rien non plus à l'intérieur.

Je me précipite sur le téléphone pour informer mon employeur qu'une inondation me menace et je m'assure ainsi un jour de congé impérieux. Endéans l'heure qui a suivi, le niveau de l'eau a considérablement baissé... les choses semblaient s'arranger.

Après un coup de fil à notre échevinat des travaux, qui se trouve à huit cents mètres de chez moi, on m'informe que des sacs de sable peuvent être obtenu afin de protéger les bas de portes d'une éventuelle invasion de l'eau. Me rendant sur place, je découvre un bâtiment quasi vide car les ouvriers communaux, sur la brèche depuis minuit, sont en train de sécuriser différents endroits de la commune. C'est le bourgmestre de la commune, Fabien Beltran, qui remplit mes sacs et m'aide à les charger dans mon véhicule. Il est relativement souriant à ce moment là, mais je sais peux que ce sera l'une des dernières fois avant longtemps. Même s'il ne fait pas l'unanimité, mais qui peut s'en vanter, l'homme est fondamentalement un excellent gestionnaire, très sérieux et il n'hésite pas à mettre la main à la pâte pour soutenir ses concitoyens.

Le temps de revenir avec mes sacs, les autres occupants du clos que j'occupe (9 maisons et un immeuble de 2 étages composés de 6 appartements) font le chemin en sens inverse pour trouver l'un des sacs de sable, l'autre des sacs de pellets pour boucher garages et portes.

L'eau continue de monter. Vincent, un voisin, suggère de parquer nos véhicules sur la route (un peu plus élevée), mais je dis qu'il est préférable de trouver un endroit plus élevé et nous optons pour le parking de l'ancienne école communale qui se trouve en vis à vis de notre clos et surtout qui est au-dessus du flanc de la colline, comme sur une butte élevée. Après le ballet des voitures qui montent et se parquent, l'eau continue de monter de plus belle et commence à entrer dans les trois maisons du fond (dont la mienne). Il y a 5 centimètres au rez-de-chaussée.

J'essaye un coup de fil au bourgmestre que je viens de quitter et il m'annonce qu'il vient de recevoir de mauvaises nouvelles : il va pleuvoir, très fort et en grande quantité. Sa voix est ferme, mais le ton est plus que soucieux. Je raccroche et annonce la nouvelle aux voisins. Nous nous disons qu'il est temps de surélever les objets au sol avant que le niveau ne monte plus haut.

Équipé de bottes, nous commençons à protéger les meubles bas aux alentours de midi.







Commentaires

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Une arche vient nous sauver

Les coulisses d'un combat